L’adhésion du ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, au Parti Authenticité et Modernité (PAM) est l’aboutissement d’un processus de concertation engagé depuis plusieurs années avec la direction du parti, et non une décision prise dans la précipitation en vue des élections législatives de 2026. C’est ce qu’a affirmé El Arbi El Maharchi, membre du bureau politique du PAM, dans un entretien accordé au journal Al Omq.
Selon lui, les échanges avec Fouzi Lekjaa remontent à plusieurs années et ont progressivement abouti à une « conviction commune » entre l’intéressé et la direction collégiale du parti, conduite par Fatima Ezzahra El Mansouri. Ces discussions portaient, d’après El Maharchi, sur le renforcement des rangs du PAM par des compétences nationales ainsi que sur la préparation des prochaines échéances électorales.
Le dirigeant du PAM estime que le recrutement de personnalités compétentes constitue une pratique politique normale adoptée par l’ensemble des formations politiques. Il juge, en revanche, que les réactions suscitées par l’arrivée de Fouzi Lekjaa, notamment de la part de certains responsables gouvernementaux, relèvent d’une polémique « injustifiée ».
« Fouzi Lekjaa est aussi un homme politique »
Réagissant aux critiques selon lesquelles les succès sportifs de Fouzi Lekjaa seraient exploités à des fins électorales, El Maharchi rappelle que ce dernier ne se limite pas à son rôle dans le développement du football marocain.
« Fouzi Lekjaa est avant tout un responsable politique. Il est membre du gouvernement, participe aux travaux du Parlement et des commissions parlementaires et exerce déjà une activité politique », soutient-il, estimant qu’il est parfaitement légitime qu’il choisisse le parti dans lequel il souhaite poursuivre son engagement.
Il ajoute que les performances réalisées dans le domaine sportif pourraient constituer un atout supplémentaire pour son action politique.
El Mansouri aurait conduit les négociations
Au cours de cet entretien, El Maharchi affirme que Fatima Ezzahra El Mansouri a personnellement piloté les discussions avec Fouzi Lekjaa et l’a invité à rejoindre le PAM.
Selon lui, les négociations se sont poursuivies pendant une à deux années avec la direction collégiale avant d’aboutir à son intégration au bureau politique du parti.
Il rejette les affirmations selon lesquelles cette adhésion aurait été imposée à la direction du PAM, assurant qu’elle résulte d’un long processus de concertation interne.
Le responsable du PAM souligne également que les liens entre Fouzi Lekjaa et le parti ne sont pas récents, rappelant que son épouse, Hoda El Maghari, siège au bureau politique du PAM depuis deux mandats successifs.
« Le PAM a besoin de compétences »
Interrogé sur les critiques affirmant que le recours à Fouzi Lekjaa traduirait un manque de cadres au sein du PAM, El Maharchi réfute cette analyse.
Selon lui, aucun parti politique ne peut prétendre disposer d’une autosuffisance en matière de compétences et tous cherchent à attirer des profils expérimentés.
Il affirme que le PAM poursuit un travail de formation des jeunes, des femmes et des cadres, tout en restant ouvert à des personnalités ayant acquis une expérience importante dans la gestion publique.
À ses yeux, le Maroc est confronté à de grands chantiers stratégiques, notamment la poursuite du processus de développement, la préparation de la Coupe du monde 2030 et les grands projets nationaux, ce qui nécessite, selon lui, la mobilisation des meilleures compétences du pays.
Objectif : remporter les législatives de 2026
El Maharchi indique que le PAM a pratiquement achevé la couverture de l’ensemble des circonscriptions électorales et que la commission nationale des élections suit de près la préparation de chaque circonscription.
Il affirme que l’objectif du parti est de remporter les élections législatives de 2026 et de diriger le prochain gouvernement.
Le dirigeant considère également que les critiques formulées contre l’arrivée de Fouzi Lekjaa traduisent les inquiétudes de certains adversaires politiques face à la montée en puissance du PAM.
Rejet des accusations de « réhabilitation de l’image » du parti
Interrogé sur les accusations selon lesquelles l’arrivée de Fouzi Lekjaa viserait à redorer l’image du PAM après plusieurs affaires judiciaires ayant impliqué d’anciens responsables du parti, El Maharchi rejette catégoriquement cette lecture.
Il affirme que le PAM a déjà pris les mesures organisationnelles nécessaires lorsque la justice a engagé les procédures contre les personnes concernées et rappelle qu’un parti politique ne peut se substituer aux institutions judiciaires.
Selon lui, les partis ont pour mission de sélectionner les profils compétents, tandis que les enquêtes et les poursuites relèvent exclusivement de la justice et des autorités compétentes.
La candidature à Berkane n’est pas encore officialisée
Concernant une éventuelle candidature de Fouzi Lekjaa dans la circonscription de Berkane lors des prochaines élections législatives, El Maharchi précise qu’aucune décision officielle n’a encore été annoncée.
Il explique que le Conseil national du PAM s’est limité à officialiser son adhésion au parti ainsi que son entrée au bureau politique.
L’annonce d’une éventuelle candidature, ajoute-t-il, interviendra ultérieurement et devra être faite officiellement par Fouzi Lekjaa lui-même, en présence de Fatima Ezzahra El Mansouri et de la direction du parti.
Il n’exclut pas qu’une rencontre spécifique soit organisée à Berkane pour officialiser cette candidature, si la décision venait à être confirmée.