L’initiative « Al Moutmir », portée par le Groupe OCP, a dévoilé vendredi les résultats des plateformes de démonstration dédiées aux cultures céréalières et légumineuses dans les régions de Casablanca-Settat et Marrakech-Safi au titre de la campagne agricole 2025-2026. Les résultats font état d’une nette amélioration des rendements et de la productivité grâce à l’adoption de pratiques agricoles modernes, d’une fertilisation raisonnée fondée sur l’analyse scientifique des sols et d’un accompagnement technique continu, dans un contexte marqué par des conditions climatiques favorables et une répartition régulière des précipitations.
Présentés lors d’une rencontre scientifique organisée à distance par l’initiative « Al Moutmir », ces résultats concernent plusieurs centaines de plateformes de démonstration réparties dans les provinces des deux régions. Les essais ont porté sur le blé tendre, le blé dur, l’orge, la fève, le haricot, le pois chiche et le petit pois, confirmant la supériorité des itinéraires techniques recommandés par rapport aux pratiques agricoles conventionnelles.
Dans la région de Casablanca-Settat, les plateformes implantées dans la province de Benslimane ont permis au blé dur d’atteindre une production totale comprise entre 80 et 84 quintaux par hectare, contre 72 quintaux seulement dans les parcelles témoins. La production en grains a également progressé pour atteindre 26 à 28 quintaux par hectare, contre 21 quintaux dans les exploitations conduites selon les pratiques traditionnelles. Les cultures de haricot ont également enregistré des performances significatives avec une production totale de 64 quintaux par hectare.
À Berrechid, où les précipitations ont dépassé les 400 mm, certaines plateformes de semis direct de blé tendre ont atteint des rendements de 60 quintaux par hectare. La formule régionale enrichie en soufre a enregistré les meilleures performances avec 43 quintaux par hectare, soit une hausse de 26 % par rapport aux parcelles témoins. Les essais sur le pois chiche ont également affiché une progression notable, avec une production de 29 quintaux par hectare.
Dans la province de Settat, les pluies supérieures de 50 % à la moyenne annuelle, combinées à des interventions techniques précoces et à une fertilisation azotée adaptée, ont permis au blé dur d’atteindre 46 quintaux par hectare avec la formule enrichie en soufre, tandis que le petit pois a vu son rendement biologique dépasser 127 quintaux par hectare.
À El Jadida, malgré une forte humidité ayant favorisé l’apparition de maladies fongiques, les équipes techniques ont réussi à préserver les performances des cultures grâce à des solutions innovantes, notamment l’utilisation de drones pour les traitements phytosanitaires. Les rendements du blé tendre ont varié entre 37,5 et 40 quintaux par hectare, tandis que la fève a atteint 27,5 quintaux par hectare, avec des gains pouvant atteindre 28 % par rapport aux parcelles de référence.
Les plateformes de Sidi Bennour ont confirmé le potentiel agricole de la province, avec un rendement de 49 quintaux par hectare pour le blé tendre grâce à la formule enrichie en soufre, portant la production totale à 100 quintaux par hectare. Les cultures de fève ont, quant à elles, atteint 20 quintaux par hectare, pour une production globale dépassant 55 quintaux par hectare.
Les résultats positifs ne se sont pas limités à Casablanca-Settat. Dans la région de Marrakech-Safi, les plateformes de démonstration ont également affiché des performances remarquables.
À Safi, où 66 plateformes céréalières et 24 plateformes consacrées au petit pois ont été installées, le rendement du blé dur est passé de 35 à 48 quintaux par hectare, soit une progression de 41 %, tandis que le rendement du petit pois a atteint 49 quintaux par hectare, contre 26,3 quintaux dans les parcelles témoins.
Dans la province de Youssoufia, les essais sur l’orge ont été qualifiés d’« historiques », avec une production dépassant 30 quintaux par hectare pour la première fois depuis plusieurs années et une production totale oscillant entre 62 et 66 quintaux par hectare, soit des gains compris entre 40 % et 60 %.
À Essaouira, les essais sur la fève ont confirmé l’efficacité de la fertilisation raisonnée. Alors que les parcelles témoins n’ont produit que 7,5 quintaux par hectare, les plateformes de démonstration ont enregistré des rendements variant entre 20,5 et 27,5 quintaux par hectare, avec une production totale avoisinant 58 quintaux par hectare.
Les responsables de l’initiative ont souligné que ces performances ne résultent pas uniquement de la fertilisation, mais également du respect de la rotation des cultures, du recours au semis direct, de la lutte précoce contre les adventices et les maladies, ainsi que d’un accompagnement technique permanent.
Les témoignages des agriculteurs ayant participé au programme sont venus confirmer ces résultats. À Sidi Bennour, Mohamed Douirani affirme avoir porté le rendement de son blé tendre à 55,5 quintaux par hectare grâce aux analyses de sol et aux recommandations techniques de l’initiative. À El Jadida, Souad Talhi estime que le semis direct lui a permis d’obtenir des rendements compris entre 45 et 50 quintaux par hectare, tout en réduisant les coûts de production.
À Benslimane, Saïd Fanoun souligne que la valeur ajoutée d’« Al Moutmir » réside dans l’accompagnement technique assuré tout au long du cycle cultural, depuis l’analyse des sols jusqu’à la récolte, les plateformes ayant dépassé les 60 quintaux par hectare contre 40 à 45 quintaux dans les parcelles traditionnelles.
Enfin, à Safi, Miloud Khlouqi estime que les plateformes de démonstration ont redonné espoir aux agriculteurs de la région d’Abda après plusieurs années de sécheresse. Grâce au semis direct, à une densité de semis limitée à 150 kg par hectare et au respect de l’itinéraire technique recommandé, il affirme avoir obtenu un rendement de 65 quintaux par hectare, soit près de 20 quintaux de plus qu’avec une densité de semis plus élevée, ainsi qu’un gain d’environ deux tonnes de grains et cent bottes de paille par hectare. Il appelle désormais à une généralisation du semis direct et de l’agriculture de conservation afin de renforcer durablement la productivité et la résilience des exploitations agricoles.