Face aux profondes mutations géopolitiques, sécuritaires et technologiques que connaît le Sahel, le Centre International de Sécurités, de Migration et de Développement (CISMED) a organisé, le 18 juillet 2026, un colloque international intitulé « Dynamiques des conflits et de l’extrémisme au Sahel : défis et perspectives de paix », réunissant des experts et universitaires de plusieurs pays afin d’explorer de nouvelles approches pour la stabilisation de la région.
Selon un communiqué du CISMED, cette rencontre, présidée par le professeur Abderrazzak Kabbouri, président du Centre et coordinateur général du colloque, a rassemblé des chercheurs, anciens hauts responsables militaires et spécialistes venus du Maroc, de France, du Cameroun et des États-Unis. Les travaux, organisés autour de trois grands axes et modérés par Hiba Chaker, journaliste au Matin, ont mis en avant l’idée qu’aucune réponse strictement militaire ne peut, à elle seule, résoudre les crises multidimensionnelles qui frappent le Sahel.
Le premier panel, consacré à la cartographie des menaces sécuritaires, a souligné l’évolution constante des groupes armés et leur capacité à exploiter les fragilités locales, notamment les tensions communautaires, les faiblesses institutionnelles et les trafics transnationaux. À cette occasion, le colonel à la retraite Mohammed El Fellah, directeur du pôle Sécurité globale et Gouvernance des risques du CISMED, a présenté une analyse historique de la région, estimant que les crises actuelles ne peuvent être comprises sans prendre en compte les héritages coloniaux, les interventions étrangères et les transformations sécuritaires successives.
Le deuxième axe a porté sur les recompositions géopolitiques et les enjeux de souveraineté. Les intervenants ont relevé le paradoxe entre le retour des discours souverainistes et la mondialisation croissante des menaces. Les débats ont notamment insisté sur le rôle stratégique de la guerre informationnelle, où les réseaux sociaux deviennent des outils de manipulation, ainsi que sur la souveraineté numérique, considérée comme un pilier indispensable de la souveraineté politique.
Les échanges du troisième panel ont, quant à eux, exploré les perspectives de paix durable à travers des thèmes tels que la gouvernance de l’intelligence artificielle, la cybersécurité, le désarmement, ainsi que la réhabilitation et la réintégration des anciens combattants. Les participants ont souligné que la sécurisation militaire, bien qu’essentielle à court terme, ne saurait remplacer les politiques de reconstruction de la confiance entre les citoyens et les institutions, ni les efforts en faveur de la justice sociale et du développement.
À l’issue du colloque, le professeur Abderrazzak Kabbouri a annoncé que les travaux donneront prochainement lieu à la publication d’un rapport stratégique rassemblant les analyses académiques et les expertises de terrain. Ce document formulera des recommandations opérationnelles destinées aux décideurs politiques et aux organisations régionales afin de contribuer à la consolidation de la paix et de la stabilité au Sahel.
Le CISMED estime enfin que le succès de cette rencontre conforte sa vocation à devenir une plateforme de référence en matière de recherche, d’expertise et de réflexion stratégique sur les questions de sécurité, de migration et de développement en Afrique.