Le journal Al Omk a appris de sources bien informées que le ministère de l’Intérieur étudie un nouveau dispositif réglementaire concernant le secteur des petits taxis. Celui-ci prévoirait d’autoriser ces véhicules à assurer le transport des passagers entre Rabat, Salé et Témara, mettant ainsi fin à la limitation de leur activité aux seules frontières administratives de chaque commune.
D’après les informations disponibles, ce projet vise à répondre aux difficultés rencontrées quotidiennement par les citoyens, les visiteurs et les touristes dans les agglomérations urbaines fortement intégrées. Aujourd’hui, de nombreux usagers sont contraints de changer de taxi dès qu’ils franchissent les limites d’une ville voisine, comme c’est le cas entre Rabat, Salé et Témara, mais aussi entre Casablanca et Mohammedia ou dans d’autres grandes agglomérations.
Cette réflexion s’inscrit dans un chantier plus large consacré à l’organisation de la mobilité urbaine, alors que le secteur évolue sous l’effet du développement des applications de transport. Cette évolution alimente le débat entre les professionnels, les pouvoirs publics et les représentants des usagers sur plusieurs questions, notamment la concurrence, la qualité du service et le droit des citoyens à bénéficier d’un transport sûr, organisé et proposé à un tarif transparent.
Selon plusieurs observateurs, l’autorisation accordée aux petits taxis de circuler dans l’ensemble du bassin Rabat-Salé-Témara permettrait de mieux répondre aux besoins de déplacement entre ces trois villes, qui enregistrent chaque jour d’importants flux vers les administrations, les universités, les établissements hospitaliers, les gares, les stations de tramway ainsi que les principaux pôles économiques et administratifs.
Cette réforme soulève néanmoins une question importante : le nombre actuel de petits taxis est-il suffisant pour répondre à la demande des trois villes ? Cette interrogation se pose d’autant plus si les autorités décident, parallèlement, de renforcer l’encadrement des applications de transport ou d’en limiter le développement sans mettre en place d’alternatives suffisantes.
Dans ce contexte, plusieurs spécialistes estiment que l’élargissement du périmètre d’exploitation devra s’accompagner de mesures garantissant le maintien d’un niveau de service satisfaisant. À défaut, les difficultés déjà rencontrées par les usagers pour trouver un taxi disponible pourraient s’accentuer, notamment aux heures de forte affluence.