Le président français Emmanuel Macron est intervenu pour mettre fin à la polémique suscitée par les déclarations de l’ambassadeur de France en Algérie sur une éventuelle augmentation du nombre de visas accordés aux ressortissants algériens. Il a affirmé qu’aucun objectif chiffré n’avait été fixé en matière de délivrance de visas et qu’aucun assouplissement de la politique française n’était envisagé.
La controverse est née après des déclarations de l’ambassadeur de France à Alger, Stéphane Romatet, qui avait évoqué la possibilité d’un retour au niveau de délivrance des visas d’avant la crise diplomatique entre les deux pays, soit environ 250 000 visas par an.
Face aux réactions provoquées par ces propos, la porte-parole du gouvernement français, Maud Bregeon, a indiqué que le chef de l’État avait tenu à les « corriger ». Selon elle, Emmanuel Macron a rappelé que, si la France avait engagé un dialogue avec l’Algérie sur plusieurs dossiers majeurs, cela ne signifiait en aucun cas l’adoption d’objectifs chiffrés concernant les visas ni un relâchement de la politique migratoire.
« La France a engagé un processus exigeant sur plusieurs sujets importants avec l’Algérie. Toutefois, il n’existe aucun objectif numérique en matière de visas et il n’y a aucun relâchement de la position française sur cette question », a déclaré la porte-parole, citant le président de la République.
Les propos de l’ambassadeur ont suscité de vives critiques au sein de la classe politique française, notamment à droite et à l’extrême droite. Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a dénoncé ce qu’il a qualifié de « capitulation » de la diplomatie française, tandis que Bruno Retailleau, figure des Républicains et candidat à l’élection présidentielle, a estimé qu’un éventuel assouplissement constituerait « une concession inacceptable » contraire aux intérêts de la France.
Cette polémique intervient alors que Paris tente de relancer ses relations avec Alger après plusieurs mois de tensions diplomatiques. Toutefois, la question des visas demeure l’un des dossiers les plus sensibles dans les relations franco-algériennes, sur fond de fortes pressions politiques internes autour des questions migratoires.