Al Moutmir : les plateformes de démonstration confirment des gains de rendement allant jusqu’à 42 % et une forte progression de la rentabilité

Jamal AMDOURI
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L’initiative Al Moutmir a dévoilé, ce jeudi 9 juillet 2026, les résultats finaux de ses plateformes de démonstration dédiées aux céréales et aux légumineuses, mettant en avant la contribution croissante de la recherche scientifique, de l’innovation et du transfert de technologies à l’amélioration de la productivité et à la durabilité de l’agriculture marocaine.

Ces résultats ont été présentés à l’occasion de la 20e édition de l’Open Innovation Lab, qui a réuni près de 100 participants issus d’institutions publiques, de centres de recherche, d’universités, d’organisations professionnelles, de partenaires industriels ainsi que de nombreux agriculteurs.

La campagne agricole 2025-2026 a été marquée par des conditions climatiques particulièrement favorables, caractérisées par un retour de précipitations abondantes et régulières dans la majorité des bassins de production. Cette situation a permis une bonne implantation des cultures, une amélioration du couvert végétal et une hausse significative des rendements. Les résultats obtenus mettent également en évidence une nette progression de la rentabilité, confirmant l’efficacité des itinéraires techniques optimisés dans différents contextes de production.

Selon les données communiquées par Al Moutmir, 1.152 plateformes de démonstration couvrant huit cultures stratégiques ont été déployées dans 25 provinces du Royaume au profit de plus de 288 agriculteurs. L’application des itinéraires techniques optimisés a permis d’enregistrer des gains de rendement pouvant atteindre 26 % pour les céréales et 42 % pour les légumineuses, comparativement aux parcelles témoins conduites selon les pratiques conventionnelles.

Au-delà des performances agronomiques, ces plateformes ont également généré une amélioration notable des revenus agricoles. Les marges bénéficiaires ont progressé de 19 % à 40 % par rapport aux parcelles témoins, grâce notamment à une fertilisation raisonnée, à une meilleure efficacité des intrants et à une réduction des coûts globaux de production.

L’initiative Al Moutmir s’inscrit dans le cadre d’un partenariat stratégique réunissant l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), à travers son Collège de l’Agriculture, et la Fondation OCP. Les activités de terrain sont mises en œuvre en coordination avec le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, en collaboration avec l’Office national du conseil agricole (ONCA) et les directions provinciales de l’agriculture, afin de favoriser le transfert des innovations vers les exploitations agricoles.

Les plateformes de démonstration reposent sur l’approche du Integrated Crop Program (ICP), articulée autour de quatre axes : une fertilisation raisonnée fondée sur les analyses de sols, la protection intégrée des cultures, l’optimisation de l’utilisation des ressources hydriques et le développement de formules de fertilisation adaptées aux besoins spécifiques de chaque culture. Ces solutions sont élaborées dans les laboratoires d’Al Moutmir avant d’être déployées sur le terrain grâce à la technologie Smart Blender, garantissant une fertilisation de précision.

En parallèle, le programme Al Moutmir Semis Direct a poursuivi son accompagnement du programme national de promotion de l’agriculture de conservation, qui ambitionne d’atteindre un million d’hectares à l’horizon 2030. Durant la campagne 2025-2026, le programme a couvert 30.010 hectares répartis sur 130 zones dans 21 provinces, au bénéfice de plus de 4.300 agriculteurs et 70 organisations professionnelles locales, avec la mobilisation de 68 semoirs de semis direct.

Le programme a également déployé 548 plateformes de démonstration dédiées au semis direct, qui ont enregistré des performances supérieures de 2 % à 6 % par rapport au semis conventionnel au cours de cette campagne pluvieuse. Les experts ont toutefois souligné que les avantages stratégiques du semis direct s’expriment davantage lors des campagnes sèches, grâce à sa capacité à conserver l’humidité du sol et à limiter les effets du stress hydrique.

La campagne n’a cependant pas été exempte de difficultés. Les fortes précipitations enregistrées dans le nord-ouest du Royaume, notamment dans les plaines du Gharb et du Loukkos ainsi que dans les provinces de Kénitra, Sidi Kacem et Larache, ont provoqué des inondations ayant entraîné l’immersion prolongée de certaines plateformes. Ces épisodes ont occasionné des dégâts partiels ou totaux sur certaines parcelles, réduisant l’absorption des éléments nutritifs par les racines et favorisant l’apparition de maladies racinaires. Malgré ces contraintes, les résultats obtenus à l’échelle nationale demeurent très satisfaisants grâce aux interventions techniques rapides et à l’accompagnement continu des agriculteurs.

Au-delà de l’appui technique, Al Moutmir a poursuivi ses efforts en matière de transfert de connaissances et de renforcement des capacités. À travers les Farmer Field Schools (FFS), les journées de formation et les plateformes numériques, notamment l’application @tmar, plus de 9.400 agriculteurs ont bénéficié d’un accompagnement direct durant cette campagne. Par ailleurs, 47 sessions de formation ont été organisées au profit des organisations professionnelles locales afin de renforcer leurs compétences organisationnelles et techniques.

Des agriculteurs bénéficiaires ont salué les résultats obtenus. À Béni Mellal, Ahmed El Haiba, de la commune de Sidi Jaber, a indiqué que la plateforme consacrée au blé tendre avait permis d’atteindre un rendement de 70,5 quintaux par hectare, contre 60 quintaux sur la parcelle témoin conduite selon les méthodes traditionnelles.

De son côté, Othmane Assaker, agriculteur de la commune de Mzamza Sud, dans la province de Settat, a souligné que la plateforme de blé dur conduite en semis direct lui avait permis de mesurer les bénéfices de la fertilisation basée sur les analyses de sols et de l’accompagnement technique, avec un rendement de 40 quintaux par hectare, contre 32 quintaux obtenus selon les pratiques habituelles.

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